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Sortie pédagogique au Grand Filon : sur les traces des mineurs de Saint-Georges-d'Hurtières

Par admin jean-claude-aubry, publié le lundi 2 novembre 2026 18:49 - Mis à jour le lundi 2 novembre 2026 18:49

Une sortie enrichissante, financée par la Région Auvergne Rhône Alpes

Le jeudi 10 septembre 2026, les deux classes de 2nde REMI se sont rendues à la mine de Saint-Georges-d'Hurtières. Après 1 h 45 de trajet en bus, dont les vingt dernières minutes sur une route étroite et escarpée, notre journée a débuté par une randonnée en sous-bois de 50 minutes avec 250 mètres de dénivelé. C’est le chemin que les mineurs et leurs mules empruntaient autrefois quotidiennement. Durant cette montée abrupte, nous avons aperçu les vestiges d’un plan incliné, un système de wagonnets fonctionnant par contrepoids qui permettait de descendre le minerai jusqu'à la vallée. 

L’exploration sous-terraine

Avant d’entrer dans la mine, nous nous sommes arrêtés à la cabane d'accueil pour mettre nos casques avec lampes frontales. La galerie n'étant pas éclairée, c'est à la seule lumière de nos frontales que nous avons progressé. Notre guide nous a rappelé les consignes de sécurité et de préservation des lieux. Il nous a retracé l’histoire du site, exploité depuis l’époque romaine jusqu’en 1932. 

Dès l’entrée, par un boyau bas de plafond, nous avons pu observer une veine de chalcopyrite (minerai de cuivre). Avec sa couleur dorée et brillante, elle était surnommée « l’or des fous » car beaucoup la confondaient avec de l'or pur. Au cours de la visite, nous avons découvert les conditions de travail extrêmes de l'époque : 

  • L’atmosphère : Il règne dans la galerie un taux d’humidité de 90 % et une température constante de 7 °C. Si le fer des rails et des wagons rouille avec le temps, le bois de consolidation ne pourrit pas grâce à ce climat. 
  • La technique du fleuret : Utilisé du Moyen Âge à l’époque moderne, le fleuret est une tige métallique de 7 kg (ancêtre du marteau-piqueur) maniée manuellement par deux mineurs. Pendant que le premier frappait la tige avec un maillet, le second la tenait et la tournaient d’un quart de tour à chaque coup. Cette méthode très exigeante permettait de percer un trou par jour, mesurant environ 40 cm de profondeur pour 3 à 4 cm de diamètre. En fin de semaine, l'ensemble des trous percés étaient remplis de poudre à canon (remplacée par la dynamite vers la fin de l'exploitation de la mine) pour faire sauter la roche et pouvoir ensuite trier le minerai. En fin de journée, les pointes usées étaient réaffûtées par les forgerons à la sortie de la mine. 
  • Le relief des galeries : Nous avons alterné entre des passages très étroits et de vastes cavités créées par les explosions. Pour progresser, nous avons dû nous aider de cordes sur les zones glissantes et emprunter des échelles pour descendre au fond des cavités, où des stalactites se forment très lentement (1 cm par siècle). 
  • Le transport : Les wagons sur rails servaient à transporter les minerais, les outils, mais aussi les blessés. Une fois pleins, ils pesaient près d’une tonne. 

Course d'orientation et vie d'autrefois

Au bout d'une heure sous terre, nous sommes ressortis à l’air libre et avons redescendu la montagne par un chemin plus doux jusqu'au village. Après un pique-nique bien mérité et un temps libre d'échange entre camarades, nous avons participé à une course d’orientation. 

Cette activité nous a permis de visiter le village et de découvrir une ancienne classe d'école conservée dans son jus : bureaux en bois, tableau à craie, cheminée et même le fameux « bonnet d'âne » pour les élèves perturbateurs !

Bilan de la journée

Nous avons repris le bus à 15 h 30 pour rentrer au lycée. Nous étions bien fatigués et beaucoup ont dormi tout le trajet ou presque. Cette sortie a été particulièrement agréable et enrichissante. En plus de partager de bons ensemble et d’apprendre à nous connaitre, elle nous a fait comprendre un peu l'histoire industrielle de la région et l’origine d’un métal que nous allons travailler toute l’année en atelier.

 

Article réalisé collectivement par tous les élèves de 2 REMI A et B  ayant participé à la sortie.